Laboratoire et Service International d'appui Aux Organisations d'Economie Sociale et Solidaire en Afrique

Zoom sur l’Association Manegdzanga : AM à la conquête des réseaux sociaux

A l’heure de la révolution technologique, aucune activité humaine ne peut prétendre être à la marge des technologies de l’information et de la communication. Cette nouvelle vision du monde intègre ces nouveaux outils au service du développement. Conscient donc du caractère incontournable de ces outils, l’Association Manegdzanga (AM) qui signifie en langue mooré (Développement pour tous) s’est lancée dans la conquête des réseaux sociaux afin de mieux communiquer sur ses activités et partager ses connaissances.

AM est l’une des organisations les plus dynamiques du monde rurale burkinabè dans le domaine de l’alphabétisation. Elle existe depuis plus de deux décennies mais est restée méconnue du grand public burkinabè. Au fil des années, elle a élargi son champ d’action pour intégrer le renforcement des capacités dans le domaine du développement et la promotion des activités agro-sylvo-pastorales. Elle regroupe aujourd’hui vingt-six (26) groupements villageois et est située à environ 25 km de Ouagadougou ; dans la partie Nord de la capitale burkinabè. Elle a pour partenaire principal l’ONG Solidar Suisse. Depuis sa création à nos jours, AM a réalisé avec succès beaucoup de projets dans les domaines de la formation professionnelle, de l’alphabétisation, de l’agriculture, de l’élevage…

Elle s’inscrit dans la philosophie des entreprises d’économie sociale et Solidaire (ESS) dans la mesure où elle incarne le principe suivant : « la finalité des services aux membres ou à la collectivité plutôt que de profit, autonomie de gestion, contrôle démocratique par les membres, primauté des personnes et de l’objet social sur le capital dans la répartition des excédents ».

Les nombreux partenaires au développement, les étudiants et consultants travaillant dans le domaine de l’alphabétisation ou tout autre domaine d’intervention de AM sont souvent étonnés de la rareté des informations portant sur AM sur la toile. Pourtant le mode opératoire actuellement semble être « je ne te vois pas sur google, donc tu n’existes pas ! ».

La pression des partenaires et le désir d’être à la page ont conduit donc AM à la réflexion, la mise en place d’un site web et la création de comptes sur les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux au service des organisations paysannes : l’exemple de l’Association Manegdzanga

Pour pallier le déficit d’information, de sensibilisation et de partenariat AM s’est lancée dans l’exploitation des nouveaux outils de communication. Comme nous l’avons dit plus haut, la recherche de partenaires (aussi bien techniques que financiers) passe nécessairement par plusieurs moyens. Et les réseaux sociaux sont l’un des moyens privilégiés par AM.

Parlant de réseaux sociaux, on peut les définir comme des plateformes Internet ou des applications mobiles qui permettent aux internautes de se créer une page personnelle afin de partager et d’échanger des informations, des photos ou des vidéos avec leur communauté d’amis et leurs réseaux de connaissances.
Les réseaux sociaux les plus utilisés sont Facebook qui est un réseau généraliste, Linkedin qui est plus un réseau social professionnel et Twitter qui permet d’envoyer de couts messages de moins de 140 caractères.

C’est, semble-t-il, suite à des recherches d’informations sans succès sur AM qu’un collaborateur ou du moins un partenaire actif a suscité au sein de la structure le besoin de recours aux techniques modernes de promotion. Vite AM s’est dotée d’un site web, puis créée une page facebook afin d’accroître sa visibilité.
Que ce soit les séminaires de formation, les examens de formation professionnelle ou encore les activités agro-sylvo-pastorales, tout est désormais partagé au grand public. Pour illustration nous vous présentons quelques images extraits des réseaux sociaux :

Lors des convocations pour des assemblées générales, ordinaires ou extraordinaires, les réseaux sociaux, notamment facebook, ont toujours été des canaux fiables de communication. A ceux-là s’ajoutent le téléphone portable, un des outils TIC dont les mérites ne sont plus à démontrer. Les envois de dossiers de soumission de marchés et assimilés, autrefois casse-tête pour l’association sont aujourd’hui possibles en un seul clic. Toute sorte de produits agricoles ou sylvo-pastorales sont perceptibles par facebook et le site web allant de la simple information à la conquête de marchés.

En outre AM présente ses services au grand public à travers son site web ou encore son compte facebook. Ce sont autant de stratégies qui permettent aux OP à l’image de AM, d’accéder et de diffuser facilement l’information à moindre coût, de s’intégrer économiquement et socialement à travers le monde. En définitive les réseaux sociaux offrent à AM un gain de productivité et de compétitivité à travers la modification du système de management.

Cependant, les défis relevant de ces outils de communication demeurent énormes. Ainsi, les réseaux sociaux ont toujours besoin d’être animés surtout par des acteurs avertis. En effet, il ne suffit pas de posséder un site web ou encore moins une page ou un groupe sur les réseaux sociaux pour être reconnu ! Encore faut-il que ces pages, groupes ou site web soient régulièrement mis à jour.

De même, ces nouveaux outils doivent respecter certaines normes pour être crédibles et attrayant. Malheureusement AM éprouve parfois des difficultés à alimenter régulièrement ses réseaux. D’ailleurs, l’association étant une organisation du monde rural, l’accès à Internet reste encore très limité pour la plupart des membres. L’une des particularités est que l’accès à ces réseaux peut se faire par le biais des téléphones portables. Nonobstant la prolifération des outils technologiques, le manque de dotation de certaines populations en infrastructures adéquates entrave l’utilisation des technologies de pointes. A cela s’ajoute les insuffisances individuelles. Ainsi une étude récemment menée sur cette organisation présente le témoignage suivant :

«  Nous, on n’a pas fait l’école, même pour charger les unités de téléphone nous sommes obligés de voir quelqu’un qui connait un peu papier. Le téléphone peut faire beaucoup de travaux malheureusement nous ne maîtrisons pas les paramètres si ce n’est pas appel seulement  » tels sont les affirmations d’un producteur maraîcher. Il termine ses propos en précisant que la mauvaise qualité de réseau de télécommunication et souvent le manque de crédits de communication les décourage souvent de l’utilisation de téléphone sans compter la connexion à internet qui réclame plus de savoir.
Ces propos mentionnent alors l’existence de facteurs qui entravent l’usage des TIC et partant des réseaux sociaux au sein de AM.

Perspectives pour une réelle appropriation des réseaux sociaux par les acteurs de AM

Pour tirer pleinement profit des techniques modernes de communication initiées par AM, une initiation de l’ensemble des acteurs (surtout ruraux) aux nouveaux outils (réseaux sociaux) s’avère nécessaire. Cela leurs permettrait à s’intéresser davantage. Il faudrait aussi exposer clairement les avantages qu’engendrent les réseaux sociaux sans omettre de donner des détails sur leurs limites. Aussi, il serait judicieux que AM dispose d’un agent averti chargé de la modération de ses réseaux sociaux. Réalisé

Références de AM :
Site web : www.am-bf.org
Page facebook : https://www.facebook.com/Association-MANEGDBZ%C3%83NGA-578334492316194/

Article réalisé par l’Association Yam-Pukri