Comment l’agriculture peut-elle répondre au besoin d’emploi des jeunes ?

Au Sénégal, le phénomène a connu un écho particulier du fait de la détermination des jeunes à rejoindre l’Europe (« Barça ou Barsakh »), souvent avec la bénédiction de leurs parents. Pour juguler le phénomène, le gouvernement du Sénégal, avec l’appui financier de l’Espagne et de la France, avait proposé un Plan de retour vers l’agriculture (REVA).

En réalité, la crise migratoire n’est que le révélateur d’un problème plus délicat : chaque année, environ 300 000 nouveaux actifs arrivent sur le marché du travail alors que les structures économiques peinent à créer des opportunités d’emplois pouvant absorber ces flux. La population sénégalaise (13,5 millions d’habitants en 2013) est caractérisée par sa jeunesse, la moitié de la population étant âgée de moins de 18 ans, et un taux d’accroissement annuel moyen de 2,7 %, encore élevé.

Comme dans les autres pays d’Afrique, les réponses de l’Etat ont souvent consisté à créer des agences et des fonds de promotion de l’emploi des jeunes et à soutenir l’apprentissage. Partout, les résultats de ces initiatives ont été généralement décevants, mettant en exergue le décalage entre les stratégies proposées et la réalité des structures économiques. De plus, ces initiatives ont souvent peu pris en compte les besoins des jeunes ruraux, se concentrant davantage sur la situation des jeunes diplômés plus visibles et mieux organisés.

Récemment, de nouvelles orientations ont émergé, considérant l’agriculture comme la solution idéale. Au Sénégal, d’importants moyens financiers ont été déployés dans le cadre des projets de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (ANIDA, ex Plan REVA) et du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC). Il reste à évaluer rigoureusement ces expériences, en particulier leur efficience et leur efficacité. En plus de comparer le niveau d’engagement financier avec le nombre d’emplois créés, il faudrait aussi interroger la viabilité et la durabilité de ces modèles. Le coût approximatif du PRODAC est de 100 milliards FCFA sur cinq ans.

Entre 2008 et 2010, l’Agence nationale du Plan de retour vers l’agriculture (AN-REVA), devenue l’ANIDA en 2012, a mobilisé 10,199 milliards FCFA, dont 7,156 milliards provenant des partenaires techniques et financiers et 3,043 milliards du budget de l’Etat. Le fonctionnement représente 15 % de ce financement. Le budget cumulé de 2011 et 2012 s’élève à 8,423 milliards. Au début de l’année 2016, le directeur général de l’ANIDA a indiqué que sa structure a réalisé, entre 2008 et 2015, 79 fermes villageoises et familiales dans lesquelles travaillent 10 000 jeunes agriculteurs sénégalais, pour un budget d’environ 17 milliards FCFA.

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