SACH 2025 : réformer l’éducation pour un avenir inclusif en Afrique

Du 11 au 13 février 2025, le Sommet des Acteurs du Changement (SACH) 2025, organisé par Ashoka, explore les enjeux de l’éducation et de l’employabilité des jeunes en Afrique. Lors de son pré-sommet du 11 février tenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), décideurs, experts et jeunes leaders ont partagé des pistes pour répondre aux besoins des nouvelles générations, aux défis du monde professionnel et aux mutations de la société.

Aujourd’hui, « l’école apprend, mais elle-même n’apprend pas à s’adapter », constate Tchanlandjiou Kparé, directeur régional d’Ashoka Sahel. Selon lui, il est temps de « réimaginer l’éducation et redéfinir ce que signifie réussir au 21e siècle ».

L’école ne peut plus se contenter d’enseigner des connaissances figées, elle doit évoluer vers un modèle plus fluide et interactif, favorisant « l’empathie, la collaboration et la créativité », explique-t-il lors de la cérémonie d’ouverture du sommet d’Ashoka.

Ashoka est une ONG internationale qui promeut l’entrepreneuriat social en soutenant et en mettant en relation des entrepreneurs sociaux individuels, dans un large réseau mondial. Justifiant la position de cette organisation sur la question de l’éducation, le directeur régional souligne que « dans un monde en perpétuelle mutation, l’école doit être un espace d’éducation fluide, réactif et proactif ».

Défendant la même position, le directeur du Consortium Jeunesse Sénégal (CJS), Sobel Aziz Ngom, a insisté sur la nécessité de « faire en sorte que les années d’apprentissage soient aussi des années de réalisation ».

CJS est une fédération d’organisations et d’associations de jeunes réunies autour des questions de développement et d’autonomisation des jeunes au Sénégal.

Pour M. Ngom, l’éducation ne doit pas seulement former des « sachants », mais également des « citoyens conscients des dynamiques sociales et économiques qui les entourent ».

A travers le SACH, Ashoka et ses partenaires entendent « promouvoir les innovations sociales, et partager les meilleures pratiques ».

Ce sommet est organisé afin d’encourager la « collaboration multisectorielle pour inspirer de nouvelles initiatives innovantes sur les questions d’éducation, de formation et d’employabilité en Afrique de l’Ouest », justifient les initiateurs.

Dans une salle où de « jeunes leaders » venus de plusieurs pays d’Afrique ont pris place, Sobel Aziz Ngom explique que CJS a « travaillé avec le gouvernement (sénégalais) pour repenser et redévelopper les outils d’éducation populaire », afin que chaque jeune, quel que soit « son niveau d’éducation, ait accès à des opportunités de développement personnel, culturel et sportif ».

L’enjeu principal est d’adapter les méthodes pédagogiques aux besoins individuels des élèves, en intégrant l’expérimentation et l’apprentissage par l’échec, ajoute le directeur régional d’Ashoka Sahel. Pour lui, les enseignants doivent être formés à accompagner les élèves dans leur développement global, en collaboration avec les parents et la communauté, car « l’école instruit, mais ce sont les familles et la société qui éduquent ».

Selon les données du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen (Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie), moins de la moitié des élèves africains (48 %) du primaire atteignent le niveau minimum de compétences en lecture et seulement 38 % l’atteignent en mathématiques.

Issa Ba, membre du panel et directeur général de Kanarimagic, estime que le problème fondamental réside dans la qualité des contenus pédagogiques.

« Les manuels scolaires n’incitent pas à la lecture. Il faut revoir les supports éducatifs pour captiver les élèves », a-t-il recommandé.

Il cite l’exemple du Japon où le dessin est une « mine d’or », alors qu’il reste marginalisé au Sénégal.

« L’enseignement est fortement orienté vers le secteur tertiaire, alors que les besoins se trouvent dans le primaire et le secondaire, notamment en agriculture et en agroalimentaire », dénonce, quant à elle, Thiara Loum, membre du panel et fondatrice de l’association « DEF TE YALLAH TAKH » (Faire et agir au nom de Dieu). Pour elle, c’est l’inadéquation des curricula aux réalités africaines qui est en cause.

« Si nous n’anticipons pas, nous formerons des diplômés sans compétences adaptées aux réalités du marché », prévient alors Flavien Kouatcha, membre du panel et directeur général de « Save Our Agriculture », pour mettre en garde contre la rigidité de la formation et l’obsolescence des diplômes sans compétences actualisées. Il a plaidé pour une formation continue et une adaptation permanente aux évolutions technologiques et économiques. « Chaque génération fait face à ses propres défis, estime-t-il.

En défenseur du droit des enfants vivant avec un handicap, le directeur du Centre Talibou Dabo, Dr Aloïse Benoît Diouf, a insisté sur la nécessité d’une « éducation inclusive et adaptée aux réalités africaines ».

Talibou Dabo est un centre d’éducation et de réadaptation pour enfants handicapés physiques situé à Grand Yoff, un quartier populeux de Dakar (Sénégal).

« Il existe un réel déséquilibre entre les besoins du marché de l’emploi et les offres d’éducation et de formation », alerte Dr Diouf. Selon ses propos, en Afrique où 80 % de la population active évolue dans l’économie informelle, il est impératif d’« adopter des solutions éducatives endogènes et durables ».

L’inclusion des personnes en situation de handicap doit devenir une priorité, analyse Dr Diouf. « Elle ne doit pas être une option, mais une obligation pour nos États », a-t-il affirmé, plaidant pour un cadre juridique qui renforce l’accès à l’éducation et à l’emploi des personnes vulnérables, notamment à travers des « mesures discriminatoires positives et l’accessibilité universelle ».

Pour les experts et jeunes leaders présents à la cérémonie, « l’école de demain » devra être inclusive, flexible et connectée aux besoins socio-économiques pour permettre à chaque jeune de croire en son potentiel et de construire un avenir durable.

Keynote - Jour 2 : Collaboration | #SACH2025 ✨

📢 Politique jeunesse, emploi et économie sociale et solidaire : enjeux et défis

💡 Comment l’économie sociale et solidaire (#ESS) peut-elle être un levier puissant pour l’insertion professionnelle des jeunes ?

Lors de ce keynote inspirant, Mme Sylvie S. Ouédraogo Emmenegger, Présidente du Conseil national de l’économie sociale et solidaire du Burkina Faso, a partagé une vision ambitieuse sur les défis et opportunités liés à l’emploi des jeunes à travers l’ESS.

🔎 Points clés abordés :
✅ Le rôle des politiques publiques pour intégrer l’ESS comme moteur de création d’emplois durables.
✅ L’importance de l’entrepreneuriat social pour développer des solutions adaptées aux réalités locales.
✅ Les défis structurels à relever pour un cadre plus inclusif et favorable à la jeunesse.

Un plaidoyer fort pour une économie plus humaine, inclusive et génératrice d’opportunités !

Selon vous, comment l’ESS peut-elle contribuer à une meilleure insertion professionnelle des jeunes ? Partagez vos idées en commentaire !

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